Open data, données publiques à Digne les Bains

Sur le portail Open Data de la région PACA, la ville de Digne les Bains affiche ses ambitions dans un article factuel http://opendata.regionpaca.fr/partenaires/detail/ville-de-digne-les-bains.html. L’article est intéressant et court, je vous invite à le lire.

En particulier la citation suivante :

Données mises à disposition

Piloté par le Service Communication, la Ville de Digne-les-Bains met à disposition du public sur le portail régional opendata.regionpaca.fr, la liste des données suivantes :

Annuaire des associations – Liste des membres du Conseil Municipal – Coordonnées des écoles – Effectifs des écoles par classe – Evènements sportifs 2013 – Liste des prénoms des enfants nés en 2013 – Programme Sortir à Digne saison 2012-2013 – Statistiques des actes d’état civil 2012.

Alors là je dis bravo. Devant des données aussi critiques, aussi confidentielles que le programme des événements ou les coordonnées des écoles, je pense que l’ouverture des données au public est vraiment fondamentale.

Nous attendons bien entendu des données beaucoup plus intéressantes : données budgétaires détaillées, montants détaillés des investissements, les effectifs de la commune par service, les subventions versées par association, etc…

Open Data n’est pas une démarche technique mais avant tout de transparence.

Voeux et autres joyeusetés…

Les hommes politiques et publics ont appris à utiliser les réseaux sociaux C’est bien, c’est nécessaire ; cela montre évidemment leur capacité à s’approprier les outils de communication modernes, ce dont je n’ai jamais douté. S’il y a quelque chose que les hommes politiques savent faire, c’est bien communiquer ; c’est même l’essence de leur métier.

Néanmoins, il y a des effets de bord. En effet, l’information qui arrivait auparavant au compte goutte au citoyen de base que je suis, arrive désormais en continu. Les événements que nos hommes politiques communiquent sur leurs blogs et leurs profils facebook sont, à de rares exceptions, ceux qui concernent leur activité publique, soient : Voeux, inaugurations, anniversaires, anniversaires de centenaires, chrysanthèmes, départs en retraite, nominations, noël des agents et j’en passe.

Je suis avec attention l’activité d’un certain nombre d’hommes politiques qui me sont sympathiques, quel que soit leur bord, et j’en viens à me demander à quel moment ces personnes ont du temps pour travailler, réfléchir, agir.

Ce début d’année a été un festival de vœux institutionnels dans lesquels les uns et les autres se doivent d’être présents. Je suis un grand naïf et je suppose qu’une grande partie du travail requis est réalisé par des assistants et des analystes. En fait, je n’y connais vraiment rien. Mais le temps est à la crise et l’instant est grave. Les cérémonies de vœux à répétition et leur lot de discours langue de bois me semblent d’un vacuité terrible.

Dans tous les cas, comme d’habitude, faites attention à l’image que vous projetez.

Démographie dignoise

Quelques éléments de démographie dignoise.

Source : La provence

[…]464 naissances ont été enregistrées sur l’année 2012, soit un petit peu moins que l’an dernier, où l’on en comptait 476[…]

[…]448 bébés sont nés en 2012 à la maternité de Digne et seulement 136 d’entre eux sont domiciliés sur la ville chef-lieu Digne contre 143 l’an dernier.[…]

[…]Les décès, le service de l’état civil en a enregistré 282 pour 2012, soit 13 de moins que l’année précédente[…].

Quant aux mariages, ils sont encore moins nombreux en 2012 qu’en 2011 et presque en chute libre avec seulement 42 cérémonies, soit 15 de moins[…]

Ma ville se meurt…

J’aime Digne. Je suis revenu travailler ici après 17 années à droite à gauche, et c’est avec plaisir que j’ai retrouvé ma ville. Depuis 99, nous maintenons 12 emplois sur Digne.

Aujourd’hui je me questionne.

La ville vit de 60% d’emploi administratif. C’est un atout dans ces temps de crise. Mais cet emploi est en pleine régression, en raison de la restructuration administrative. Ce n’est pas critiquable : cette restructuration est nécessaire et rationnelle. Mais une forte culture administrative laisse peu de place à l’initiative économique. Ici, comme dans le reste du département, aucun contre-pouvoir au politique, à l’administration.

Les conséquences de cette structure économique sont multiples :

  • Aucune culture économique. Nos élus, les fonctionnaires territoriaux, ont peu ou pas de culture économique.
  • Une position de repli, de défense de l’emploi administratif, plutôt qu’une dynamique de progrès et d’avenir,
  • Une réaction molle, plus souvent dans la contestation, que dans l’envie de créer ou de faire,
  • Pas de solidarité entre les acteurs économiques et les acteurs territoriaux. Pas de communication, pas de terroir économique.,
  • Aucune consultation des acteurs économiques dans les décisions d’aménagement ou les mises en place de programmes de développement,
  • Une méfiance vis à vis de toute initiative privée ; une angoisse de la perte de contrôle,
  • Le sentiment diffus que demain sera comme hier, et comme il y a dix ans ou vingt ans, que Digne est à l’abri des soubresauts du monde.

Digne et son inertie, Digne et son indolence, Digne et son inconséquence, Digne et son incompétence sont regardés avec étonnement, amusement, ironie par les acteurs territoriaux environnants. Et pendant ce temps, certains se mettent sur les rangs pour récupérer les miettes : abattoir, hôpital, CCI, formations en apprentissage… accentuant la décadence de la ville préfecture. Je ne peux pas leur reprocher ; chacun se bat avec ses armes. Les temps sont durs, partout, mais dans une ville qui ne réagit pas, c’est encore plus difficile.

Le but de cet article n’est pas de rentrer dans la petite histoire, l’anecdote et la discussion sur le bout de gras.

Digne ne survivra pas à une nouvelle période de gestion comme celle que nous traversons. Lorsque j’entends que des listes sont en train de se former avec des personnes qui sont actuellement en responsabilité, je crains le pire.

Il est temps que les bonnes volontés se rassemblent autour d’un objectif unique : le renouveau de la ville, qui doit avant tout se décliner sous l’angle de l’économie et de la culture.

Demain ne sera pas comme hier, il sera meilleur ou bien pire.

Rapport de la cour des comptes 2009

Lecture intéressante que celle du Rapport de la cour des comptes sur les effectifs de l’état de 1980 à 2008. Une Version synthétique bien que assez largement inutile du rapport est disponible. Elle résume le rapport en quelques pages, mais j’avoue que la lecture complète du rapport est très intéressante. Beaucoup d’informations et de constats, beaucoup de chiffres à ingérer.

La question à l’issue de ce genre de rapport, posée en termes simple, sur laquelle le rapport donne quelques éléments d’information mais pas tous loin de là.

Les effectifs de l’état ont cru de 36% là où la population française a augmenté de 18%. Comment se fait il que le sentiment partagé soit un service rendu au public de moins bonne qualité qu’en 1980 ?

Réponse à Thibaut Le Corre

Cet article est en forme de réponse au commentaire de Thibaut Le Corre sur mon article concernant le désenclavement de Digne les Bains, car je ne peux malheureusement pas être d’accord ni sur le diagnostic, ni sur les réponses, ni sur le ton résolument positif de son message, alors que je constate une déliquescence globale de cette ville à un rythme inquiétant.

Thibaut Le Corre : Des initiatives autour du logiciel libre existent depuis des années au niveau départemental par Linux-Alpes, Xsalto et Apitux sont très actifs, c’est un embryon de quelque chose.

Renaud Zigmann : Je suis bien placé pour savoir que ces initiatives ne correspondent virtuellement à rien. XSALTO et Apitux sont des entreprises privées qui se débattent dans un océan d’incompréhension. On ne peut vraiment même pas parler d’embryon tant la trace est ténue. Nous avons eu des messages très clairs de la Mairie de Digne ainsi que de certains acteurs (l’ADT par exemples) pour nous expliquer que nous n’étions pas des acteurs pertinents du libre. XSALTO développe 99,9% de son activité en dehors de Digne. La seule raison de la présence de cette entreprise sur ce territoire est mon attachement viscéral à Digne et aux Alpes de Haute Provence. Le travail de Jean-Christophe Becquet (Apitux) sur OSM est un épiphénomène sur lequel je préfère ne pas m’étendre.

Thibaut Le Corre : Si le désenclavement est si important pour l’Est du département c’est que nous sommes dans un département rural, et ça même avec un accès autoroute Digne-Marseille ça ne changera pas de si tôt.

Renaud Zigmann : je suis d’accord sur ce point. Il faut arriver à faire de ce handicap un atout.

Thibaut Le Corre : Actuellement la première ressource de cette partie du département est le tourisme, les nouveaux arrivants dans cette partie du département sont plus des retraités que de jeunes actifs. Et même pour ceux qui arrivent à trouver ou à créer leur emploi ici, nombreux sont les freins qui apparaissent : animation de Digne, accès Internet bof, enclavement, commerces en berne, liens difficiles à tisser … alors que ce département regorges d’atouts.

Renaud Zigmann : Je pense que nous en sommes là à des symptômes et non à des explications. Les commerces en berne, l’animation de Digne, la part des retraités, etc sont des symptômes et des conséquences d’une activité inexistante, et non pas des causes. Bien sûr, au delà d’un certain niveau, cela devient aussi une cause. La ville a perdu son attractivité. Par ailleurs Digne n’est pas une ville touristique malgré ce qu’on veut nous laisser penser.

Thibaut Le Corre : Les jeunes doivent bien souvent sortir du département pour suivre une formation post-bac et pour trouver ensuite du boulot, même si l’arrivée de l’IUT, de ses formations de niveau licence et de ses conférences sont une excellente source de dynamisme.

Renaud Zigmann : Le fait que les jeunes aient besoin de « voir du pays » et que les études en soient l’occasion n’est pas forcément un handicap. L’IUT a apporté une nouvelle population, mais l’expérience que j’ai des niveaux les plus « élevés » (Licence) de l’IUT m’a attristé. Les étudiants viennent d’un peu partout. Ils ne restent pas ou peu le week end. Ils quittent Digne dès qu’ils le peuvent et en tous les cas dès qu’ils sont en vacances. Les stages sont très difficiles à trouver et les étudiants ont tendance à rechercher les stages partout sauf à Digne.

Thibaut Le Corre : Le bassin manque cruellement de structures pour le développement d’entreprises innovantes du style pépinière ou hôtel d’entreprises (il me semble que sur Sisteron ça existe déjà) alors que le service aux personnes et aux entreprises me semble la meilleure option pour le développement du bassin d’emploi.

Ma réponse : J’ai proposé à la Mairie de Digne il y a deux ans de développer une structure de ce type, pour laquelle XSALTO aurait pris en charge le loyer pour héberger les nouvelles structures gratuitement dans un cadre favorable à la naissance de projets en commun. Après neuf mois de demandes, nous avons reçu une réponse négative, sur le mode « mélez vous de ce qui vous regarde ». C’est vrai que les structures privées c’est « mal ». Par ailleurs, il semble, d’après les informations que j’ai que les demandes d’implantation soient quasi inexistantes. Toujours le problème de l’attractivité.

Pour développer un hôtel d’entreprises innovantes, encore faut il que les entreprises aient une bonne raison de s’implanter sur Digne. Encore faut il un certain niveau d’attractivité, qui n’existe pas. Il ne suffit pas que l’offre soit disponible, en terme d’hébergement, de bande passante ou quoi que ce soit. Tous les territoires développent cela. Il faut que le territoire ait un projet. Il est inexistant.

Thibaut Le Corre : Il me semble qu’un pôle de compétences plus ouvert pourrait être plus fécond, du style « Ruralité et TIC » où beaucoup d’acteurs pourraient participer et trouver leur place.

Renaud Zigmann: Ma proposition était en forme de « jeu ». Mais je pense qu’il faut un projet réel et pas un projet fumeux. Un exemple : « Ruralité et TIC ». Digne n’est pas une ville rurale. J’avoue qu’en tant qu’acteur économique pur et dur, j’opterais plutôt pour des initiatives pragmatiques, qui ne sont pas consommatrices d’argent public, mais qui sont cohérentes. Les projets « fourre tout » me semblent trop… fourre tout pour avoir le moindre effet.

De l’enclavement de Digne les Bains

Suite à l’article sur le site de Gérard Demeester concernant l’enclavement de Digne les Bains, quelques réflexions libres et sans prétentions.

Le temps de parcours de Digne à Aubignosc ou à Peyruis, les deux entrées d’autoroute les plus proches, est de 30 minutes. Le temps de parcours de Gap à l’entrée de l’autoroute est de 20 minutes ; le temps de parcours de Manosque à l’entrée de l’autoroute est de 13 minutes, sans embouteillages ce qui n’arrive jamais. Conclusion : la perte de temps est actuellement de l’ordre de 10 minutes par rapport à Gap, temps qui pourrait très largement être regagné par quelques aménagements locaux (contournement de Mallemoisson par exemple).

Le graphe ci-dessous est un essai rapide et sans prétention de représentation des zones urbaines accessibles depuis Digne, Manosque et Gap. Les zones de Nice, Marseille, Toulon, Avignon, Grenoble, Lyon ont été prises en compte. Il en ressort que si Manosque est bien positionné, une ville comme Gap est moins favorisée que Digne. En abcisse on trouve la durée (1 = 1h, 1,5 = 1h30 de route) et en ordonnée la taille de la population accessible, en milliers d’habitants.

En clair : pour deux heures de route, les villes de Digne, Gap et Manosque ont accès à des zones urbaines quasi équivalentes, avec un avantage certain pour Manosque.

Le mise en oeuvre du rail, si elle est louable sur le principe, me paraît complètement inadaptée aux enjeux locaux. Elle apporte un plus certain aux travailleurs qui quotidiennement viennent travailler à Digne, mais certainement pas le début de commencement d’une solution pour le développement de Digne.

La mise en place d’une politique économique pour le territoire est aujourd’hui la priorité, sauf à accepter sa déchéance à moyen terme. Je n’en vois ni la volonté, ni même la conscience. Les discours fleurissent, les mots sur les tracts de campagne, mais quelle est la réalité ? Exprimer la volonté de développer le territoire ne suffit pas à rendre ce développement réel.

En tant qu’acteur économique sur ce territoire, nous n’avons été ni approchés, ni consultés. Sans exagérer l’importance d’une entreprise comme XSALTO, 12 salariés sur le secteur des services aux entreprises, cela me paraît non négligeable. Il serait très intéressant de voir de quelle manière il serait possible de créer un pôle de compétences orienté sur les logiciels libres par exemple. Des projets sont possibles. Se baser sur les femmes et les hommes qui agissent sur ce territoire serait un point de départ.