La lavande dans les Alpes de Haute Provence

Un saut rapide sur le plateau près de Puimichel, m’a donné l’occasion de prendre ces photos de lavandes. Bientôt la floraison optimale. Du coup, je me suis intéressé à la culture de la lavande et j’ai cherché quelques chiffres. L’information n’est pas très simple à trouver.

Surfaces de lavande cultivée

Les chiffres datent de 2006. Au global le département des Alpes de Haute Provence est le premier producteur, mais ce n’est pas le cas en ce qui concerne la lavande seulement, où nous sommes dépassés à la fois par la Drôme et le Vaucluse, en 2006 toujours.

Source 
Superficies en hectares
Lavandin Lavande
Alpes de Haute-Provence 7 350 1 150
Hautes-Alpes 40 105
Drôme 3 915 1 245
Vaucluse 2 340 1 865
Autres (Ardèche, Gard, Lot, Bouches-du-Rhône) 1 065
Total 14 710 4 365

Le document « Portrait Agricole des Alpes de Haute Provence » fait un point sur l’activité agricole du département en 2010. Il est assez intéressant. Il en ressort en particulier en ce qui concerne la lavande :

  • Elle représente 3,6% du chiffre d’affaire agricole du département. Ce chiffre est à comparer par exemple avec les produits viticoles (3,2%), la filière animale (28%), l’arboriculture fruitière (33.6%), etc.
  • Il semble qu’en 2009, d’après ce document, les AHP soient en tête en ce qui concerne la surface plantée en Lavande.

De l’enclavement de Digne les Bains

Suite à l’article sur le site de Gérard Demeester concernant l’enclavement de Digne les Bains, quelques réflexions libres et sans prétentions.

Le temps de parcours de Digne à Aubignosc ou à Peyruis, les deux entrées d’autoroute les plus proches, est de 30 minutes. Le temps de parcours de Gap à l’entrée de l’autoroute est de 20 minutes ; le temps de parcours de Manosque à l’entrée de l’autoroute est de 13 minutes, sans embouteillages ce qui n’arrive jamais. Conclusion : la perte de temps est actuellement de l’ordre de 10 minutes par rapport à Gap, temps qui pourrait très largement être regagné par quelques aménagements locaux (contournement de Mallemoisson par exemple).

Le graphe ci-dessous est un essai rapide et sans prétention de représentation des zones urbaines accessibles depuis Digne, Manosque et Gap. Les zones de Nice, Marseille, Toulon, Avignon, Grenoble, Lyon ont été prises en compte. Il en ressort que si Manosque est bien positionné, une ville comme Gap est moins favorisée que Digne. En abcisse on trouve la durée (1 = 1h, 1,5 = 1h30 de route) et en ordonnée la taille de la population accessible, en milliers d’habitants.

En clair : pour deux heures de route, les villes de Digne, Gap et Manosque ont accès à des zones urbaines quasi équivalentes, avec un avantage certain pour Manosque.

Le mise en oeuvre du rail, si elle est louable sur le principe, me paraît complètement inadaptée aux enjeux locaux. Elle apporte un plus certain aux travailleurs qui quotidiennement viennent travailler à Digne, mais certainement pas le début de commencement d’une solution pour le développement de Digne.

La mise en place d’une politique économique pour le territoire est aujourd’hui la priorité, sauf à accepter sa déchéance à moyen terme. Je n’en vois ni la volonté, ni même la conscience. Les discours fleurissent, les mots sur les tracts de campagne, mais quelle est la réalité ? Exprimer la volonté de développer le territoire ne suffit pas à rendre ce développement réel.

En tant qu’acteur économique sur ce territoire, nous n’avons été ni approchés, ni consultés. Sans exagérer l’importance d’une entreprise comme XSALTO, 12 salariés sur le secteur des services aux entreprises, cela me paraît non négligeable. Il serait très intéressant de voir de quelle manière il serait possible de créer un pôle de compétences orienté sur les logiciels libres par exemple. Des projets sont possibles. Se baser sur les femmes et les hommes qui agissent sur ce territoire serait un point de départ.

Perte du A

Contrairement à ce que nous entendons, les notes attribuées par les agences ne sanctionnent pas la dette publique, mais un manque de vision global des defis et des enjeux. Comment ne pas leur donner raison ? Les phrases telles que « Nous estimons également que l’accord est fondé uniquement sur une compréhension partielle des causes de la crise, selon laquelle la crise financière actuelle découlerait principalement de la prodigalité budgétaire [des nations] de la périphérie de la zone euro. » sont rélévatrices. Arrêtons de mettre la crise sur le dos des agences de notation.

Lorsque j’entends que la notation doit être confiée à des agences d’état ou européenne… C’est pour le coup que nous pouvons avoir le nombre de HA que nous voulons. Confions donc la notation à des agences à la botte des pouvoirs politiques et tout ira bien bien. Pourquoi suis je encore moins convaincu de la transparence….

Communiqué S&P du 13 janvier 2012 – extraits

L’abaissement [de la note française] reflète notre opinion quant à l’impact de l’aggravation des problèmes politiques, financiers et monétaires dans la zone euro.

Les résultats du sommet de l’UE du 9 décembre 2011, et les déclarations ultérieures de la part des responsables, nous amènent à penser que l’accord conclu n’a pas produit une avancée de portée et d’ampleur suffisante pour traiter entièrement les problèmes financiers de la zone euro.

À notre avis, cet accord politique ne procure pas suffisamment de ressources supplémentaires ou de souplesse opérationnelle qui permettraient de renforcer les opérations de sauvetage européennes, et d’accroître suffisamment le soutien aux Etats de la zone euro qui sont soumis à des pressions plus fortes des marchés.

Nous estimons également que l’accord est fondé uniquement sur une compréhension partielle des causes de la crise, selon laquelle la crise financière actuelle découlerait principalement de la prodigalité budgétaire [des nations] de la périphérie de la zone euro.

Cependant, à notre avis, les problèmes financiers auxquels fait face la zone euro sont autant une conséquence de déséquilibres extérieurs croissants, et de divergences de compétitivité entre le noyau de la zone euro et ce qu’on appelle la « périphérie ».

Dans cette mesure, nous pensons qu’un processus de réforme reposant seulement sur le pilier de l’austérité budgétaire risque de devenir auto-destructeur, avec une demande intérieure déclinant parallèlement à la montée des inquiétudes des consommateurs au sujet de la sécurité de l’emploi et du revenu disponible, érodant ainsi les recettes fiscales des nations.

En conséquence, en accord avec nos critères publics d’évaluation des Etats, nous avons révisé à la baisse la note politique que nous attribuons à la France. Ceci reflète notre point de vue sur l’efficacité, la stabilité et la prévisibilité de la politique de l’Europe et de ses institutions politiques (avec laquelle la France est étroitement intégrée) qui n’ont pas été aussi forte que ce que nous pensons nécessaire face à la la gravité de ce que nous voyons comme une crise financière de l’eurozone qui s’étend et s’approfondit .

Les notes attribuées à la France continuent de refléter notre point de vue sur son économie prospère, vigoureuse et riches et diversifiée, et sa main-d’œuvre hautement qualifiée et productive.

Nous jugeons que ces forces sont partiellement contrebalancées par un niveau relativement élevé de dette publique en France, ainsi que ses rigidités du marché du travail.

Nous prenons note que le gouvernement s’attaque à ces deux questions par une stratégie de consolidation de son budget et des réformes structurelles.

Notation Cotation Ablation

Nous entendons des bruits de bottes autour de la cotation, mais il me semble que nous devons garder quelques éléments à l’esprit.

Le fait que l’économie est un système complexe où communication, tendance et réalité s’influencent en circuit fermé n’est une nouvelle pour personne. Les mouvements boursiers et les manipulations d’achat/revente de société n’en sont qu’une illustration quotidienne. L’état s’en émeut car cela le concerne, mais ce fonctionnement est effectif depuis très longtemps.

Le fait que les acteurs économiques soient notés est une réalité depuis longtemps. D’ailleurs, c’est la Banque de France, organisme d’état, qui note les entreprises réalisant plus d’un million d’euros de chiffre d’affaire, principalement à la lecture du bilan et du compte de résultat. D’aucuns réclament que l’état se note lui-même au travers d’une agence de notation Européenne. La Banque de France agit déjà comme une agence de notation, avec les mêmes critères, les mêmes méthodes et les mêmes conséquences pour les entreprises que s’il s’agissait d’une agence de notation privée.

Les notes (ou cotation) attribuées peuvent bloquer l’accès des entreprises au crédit de la même manière que les états sont empêchés par les notes des agences de notation.

Et si l’état se questionnait sur son utilisation de l’argent public. Davantage d’accent sur les structures fondamentales et les services de base au citoyen : éducation, routes, transports,moyens de communication, etc. Si les dizaines de financements diffus et éparpillés dont j’ai la vision, et les milliers dont je n’ai pas la vision étaient mieux utilisés, je suis convaincu que l’Etat Français serait en mesure de montrer une vraie logique d’investissement et de progrès. Les agences de notation ne regardent pas seulement l’état des finances publiques, mais la logique d’investissement et de structuration de l’état concerné, la manière dont l’argent est utilisé pour garantir l’avenir du pays.

Dans les PME, les banques demandent la plupart du temps aux dirigeants d’être caution personnelle de l’entreprise sur leurs biens si la note se dégrade. Est ce que notre président ou chacun des ministres seraient caution personnelle pour l’état français ou pour le ministère qu’il dirige ? Même si cela représente peu au regard du budget, est ce qu’un homme politique qui est en capacité de mobiliser des millions d’euros pour sa campagne électorale pourrait être caution au même niveau ?

Bref, pour résumer mon point de vue, il se décline en trois parties :

  • l’attitude de la classe politique ce résume à l’attitude des élèves de collège : j’ai une mauvaise note mais on n’avait pas vu la leçon, ou bien, c’est la faute de mon voisin, etc. Nous connaissons tous l’inventivité dont on peut être capacle dans ce genre de cas.
  • une mauvaise note n’a jamais empêché de se redresser, elle est le constat d’un comportement irresponsable,
  • au delà de la note, ce comportement est visible dans le désengagement de l’état (au sens largement, c’est à dire incluant les collectivité) sur tous les domaines fondamentaux : justice, éducation, transport, etc.