Entre Ses Bras (live) Cécile Corbel & Pomme

ll n’aime qu’elle, et elle n’aime que lui
Comme un manège entre ses bras
Un air de valse, un secret entre elle et lui
Un pas de danse qui n’en finit pas
Qu’est ce que ça peut faire
Si le monde tourne à l’envers ?
Le temps qui passe ne revient pas
Qu’est ce que ça peut faire
Si le monde va de travers ?
Cette nuit, je dors entre tes bras
C’est une chanson d’amour
Un air qu’on chante a demi-mot
Jour après nuit, nuit après jour
Un parfum qui reste sur la peau
Il n’aime qu’elle et elle n’aime que lui
Leurs yeux se perdent à l’infini
Et si le jour sur eux décline
Pas de crainte ils ont promis
Que l’aube s’enchaîne toujours a la nuit
Qu’est ce que ça peut faire
Si le monde tourne à l’envers ?
Le temps qui passe ne revient pas
Qu’est ce que ça peut faire
Si le monde va de travers ?
Cette nuit, je dors entre tes bras
C’est une chanson d’amour
Un air qu’on chante a demi-mot
Jour après nuit, nuit après jour
Un parfum qui reste sur la peau
C’est une chanson d’amour
Un air qu’on chante a demi-mot
Jour après nuit, nuit après jour
Un parfum qui reste sur la peau

Maxime Le Forestier – Les passantes

Les Passantes
Georges Brassens

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu’on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu’on connaît à peine
Qu’un destin différent entraîne
Et qu’on ne retrouve jamais
A celle qu’on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s’évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu’on en demeure épanoui
A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu’on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu’on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main
A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulu rester inconnue
Et qui n’est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal
A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d’un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D’un avenir désespérant
Chères images aperçues
Espérances d’un jour déçues
Vous serez dans l’oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu’on se souvienne
Des épisodes du chemin
Mais si l’on a manqué sa vie
On songe avec un peu d’envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu’on n’osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu’on n’a jamais revus
Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l’on n’a pas su retenir

Paroliers : Antoine Pol / Georges Charles Brassens / Joel Favreau

Puisque tu pars – Jean-Jacques Goldman

Puisque l’ombre gagne
Puisqu’il n’est pas de montagne
Au-delà des vents plus haute que les marches de l’oubli
Puisqu’il faut apprendre
A défaut de le comprendre
A rêver nos désirs et vivre des « ainsi-soit-il »
Et puisque tu penses
Comme une intime évidence
Que parfois même tout donner n’ait pas forcément suffit
Puisque c’est ailleurs
Qu’ira mieux battre ton cœur
Et puisque nous t’aimons trop pour te retenir
Puisque tu pars
Que les vents te mènent où d’autres âmes plus belles
Sauront t’aimer mieux que nous puisque
L’on ne peut t’aimer plus
Que la vie t’apprenne
Mais que tu restes le même
Si tu te trahissais nous t’aurions tout à fait perdu
Garde cette chance
Que nous t’envions en silence
Cette force de penser que le plus beau reste à venir
Et loin de nos villes
Comme octobre l’est d’avril
Sache qu’ici reste de toi comme une empreinte Indélébile
Sans drame, sans larme
Pauvres et dérisoires armes
Parce qu’il est des douleurs qui ne pleurent qu’à l’intérieur
Puisque ta maison
Aujourd’hui c’est l’horizon
Dans ton exil essaie d’apprendre à revenir
Mais pas trop tard Dans ton histoire
Garde en mémoire
Notre au revoir
Puisque tu pars
Dans ton histoire
Garde en mémoire
Notre au revoir
Puisque tu pars
J’aurais pu fermer, oublier toutes ces portes
Tout quitter sur un simple geste mais tu ne l’as pas fait
J’aurais pu donner tant d’amour et tant de force
Mais tout ce que je pouvais ça n’était pas encore assez
Pas assez, pas assez, pas assez
Dans ton histoire (dans ton histoire)
Garde en mémoire (garde en mémoire)
Notre au revoir (notre au revoir)
Puisque tu pars (puisque tu pars)…

Poèmes bleus – Georges Perros – 1962

Soleil qui vit, sais tu de quoi
Tu te souviendras lorsque inerte
Les vers futurs feront de toi
Cette barque à jamais déserte ?
De rien sinon de ce vent-là
De la rose qui s'y caresse
De l'âme indicible qui va
D'une chose à l'autre et la laisse.
Sans le ciel, sans l'arbre sans toi
L'oiseau l'oiseau l'infatigable
Vivre serait trop dure loi.
Soleil grand œil crevé d'un Dieu
Ton reflet chante dans le sable
Que mourir c'est partir un peu.

Sous la crête

Face à la crête enneigée, face aux ravins, aux falaises blanches
Je vois à présent tes yeux, ou leur évocation, ou bien peut être
La courbe de tes lèvres, ou la douceur de ton cou, enfin
Je vois que tu es là
Bienveillance.

Karel Logist – C’est chaque fois plus dur…

Karel Logist – C’est chaque fois plus dur…
C’est chaque fois plus dur
plus acéré plus noir
ça court de jour en jour à
rebours de l’espoir
ça vous écrase un homme
ça grince, ça patine
ça racle, ça cramponne
moi je reste à ma place
je tiens bon, je m’agrippe
je m’accroche, je grimace
je plaide, je ploie, je pleure
je tiens le coup, je mords
sur ma chique je m’applique
à voir plus loin plus clair
à la vie à la mort
je pourrais lâcher pied
reprendre le collier
mais je n’ai pas la force
de faire demi-tour
Tu veux qu’on échange, tu veux ?
Tu veux ? Tu la veux ? Viens la prendre
ma place au soleil comme tu dis
Tu veux ma place ? Prends-la toute
mais balaye mes traces
lâches et lasses parts d’ombre
sur les vitres du jour.
***
Karel Logist (né en 1962 à Spa, Belgique) – Le sens de la visite (La Différence, 2008)
Merci à beauty will save the world

George Dalaras & Georges Moustaki – En Méditerranée (Μεσόγειος)

Georges Moustaki – En Méditerranée
Dans ce bassin où jouent
Des enfants aux yeux noirs,
Il y a trois continents
Et des siècles d’histoire,
Des prophètes des dieux,
Le Messie en personne.
Il y a un bel été
Qui ne craint pas l’automne,
En Méditerranée.
Il y a l’odeur du sang
Qui flotte sur ses rives
Et des pays meurtris
Comme autant de plaies vives,
Des îles barbelées,
Des murs qui emprisonnent.
Il y a un bel été
Qui ne craint pas l’automne,
En Méditerranée.
Il y a des oliviers
Qui meurent sous les bombes
Là où est apparue
La première colombe,
Des peuples oubliés
Que la guerre moissonne.
Il y a un bel été
Qui ne craint pas l’automne,
En Méditerranée.
Dans ce bassin, je jouais
Lorsque j’étais enfant.
J’avais les pieds dans l’eau.
Je respirais le vent.
Mes compagnons de jeux
Sont devenus des hommes,
Les frères de ceux-là
Que le monde abandonne,
En Méditerranée.
Le ciel est endeuillé,
Par-dessus l’Acropole
Et liberté ne se dit plus
En espagnol.
On peut toujours rêver,
D’Athènes et Barcelone.
Il reste un bel été
Qui ne craint pas l’automne,
En Méditerranée.

L’âme des poètes – Charles Trenet (1955)

Longtemps, longtemps, longtemps
après que les poètes not disparu
leurs chansons
courent encore dans les rues
La, foule les chante
un peu distraite
en ignorant le nom de l´auteur
sans savoir
pour qui battaient leurs coeus
Parfois on change
un mon, une phrase
et quand on est à court d´idées
on fait
la la la la la la
Longtempes, longtemps,…
Leur âme légère
c´est leurs chansons
qui rendent gais
qui rendent tristes
filles et garçons
bourgeois, artistes ou vagabonds
« L’âme des poètes » de Charles Trenet)

Mountain Men "Le testament" (Georges Brassens)

Le Testament par Georges Brassens

Je serai triste comme un saule
Quand le Dieu qui partout me suit
Me dira, la main sur l’épaule:
« Va-t’en voir là-haut si j’y suis. »
Alors, du ciel et de la terre
Il me faudra faire mon deuil…
Est-il encor debout le chêne
Ou le sapin de mon cercueil?
Est-il encor debout le chêne
Ou le sapin de mon cercueil?
S’il faut aller au cimetière,
J’prendrai le chemin le plus long,
J’ferai la tombe buissonnière,
J’quitterai la vie à reculons…
Tant pis si les croqu’-morts me grondent,
Tant pis s’ils me croient fou à lier,
Je veux partir pour l’autre monde
Par le chemin des écoliers.
Je veux partir pour l’autre monde
Par le chemin des écoliers.
Avant d’aller conter fleurette
Aux belles âmes des damné’s,
Je rêv’ d’encore une amourette,
Je rêv’ d’encor’ m’enjuponner…
Encore un’ fois dire « Je t’aime »…
Encore un’ fois perdre le nord
En effeuillant le chrysanthème
Qui’est la marguerite des morts.
En effeuillant le chrysanthème
Qui’est la marguerite des morts.
Dieu veuill’ que ma veuve s’alarme
En enterrant son compagnon,
Et qu’pour lui fair’ verser des larmes
Il n’y ait pas besoin d’oignon…
Qu’elle prenne en secondes noces
Un époux de mon acabit:
Il pourra profiter d’mes bottes,
Et d’mes pantoufle’ et d’mes habits.
Il pourra profiter d’mes bottes,
Et d’mes pantoufle’ et d’mes habits.
Qu’il boiv’ mon vin, qu’il aim’ ma femme,
Qu’il fum’ ma pipe et mon tabac,
Mais que jamais – mort de mon âme! –
Jamais il ne fouette mes chats…
Quoique je n’ai’ pas un atome,
Une ombre de méchanceté,
S’il fouett’ mes chats, y’a un fantôme
Qui viendra le persécuter.
S’il fouett’ mes chats, y’a un fantôme
Qui viendra le persécuter.
Ici-gît une feuille morte,
Ici finit mon testament…
On a marqué dessus ma porte:
« Fermé pour caus’ d’enterrement. »
J’ai quitté la vi’ sans rancune,
J’aurai plus jamais mal aux dents:
Me v’là dans la fosse commune,
La fosse commune du temps.
Me v’là dans la fosse commune,
La fosse commune du temps.