N’écris pas. Je suis triste, et je voudrais m’éteindre. Les beaux étés sans toi, c’est la nuit sans flambeau. J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre, Et frapper à mon cœur, c’est frapper au tombeau. N’écris pas !
N’écris pas. N’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes, Ne demande qu’à Dieu… qu’à toi, si je t’aimais ! Au fond de ton absence écouter que tu m’aimes, C’est entendre le ciel sans y monter jamais. N’écris pas !
N’écris pas. Je te crains ; j’ai peur de ma mémoire ; Elle a gardé ta voix qui m’appelle souvent. Ne montre pas l’eau vive à qui ne peut la boire. Une chère écriture est un portrait vivant. N’écris pas !
N’écris pas ces deux mots que je n’ose plus lire : Il semble que ta voix les répand sur mon cœur ; Que je les vois brûler à travers ton sourire ; Il semble qu’un baiser les empreint sur mon cœur. N’écris pas !
Je sors à peine de la crise de nos quarantaines Et je me traîne, je me traîne Les autres sont repassés sur le même thème Mais je suis pas la même, pas la même Même si tout le monde danse en belle assemblée Et que le beat cogne Même si quelqu’uns pensent à se rassembler Et que les flics cognent
Tout le monde danse quand ces gens-là claquent des doigts Mais moi je danse pas Tu dis que l’amour existe, que le système Mais je suis ken, je suis ken Tout le monde s’écrase, tout le monde rejoue la même scène Mais ça ne vaut pas la peine, pas la peine
Même si tout le monde danse pour ne pas penser On ne pense qu’à dépenser Même quand tous ces gosses pensent à tout balancer C’est du mineur en majorité
Tout le monde danse quand ces gens-là claquent des doigts Mais moi je danse pas Je danse pas cet air, je danse pas les fausses guerres Je danse pas quand on me dicte tout et son contraire Je danse pas quand ces gens-là claquent des doigts Les aiguilles de fer dans des clés de bras, j’danse pas
Je danse pas pour le beat qui s’agite dans le ministère, Big Pharma J’danse pas quand la vie s’enterrent sous les carrières Leurs messages d’amour pour la Terre J’danse pas, les badass qui t’défoncent Qui t’effacent, qui t’encrassent l’art La terre et les artères En fêtant des lois, votées au pas de l’oie Dans des orgies romaines, Paris septième
Je danse pas et je prends pas la pose Pour qu’on nous fourre des doses sous hypnose médiatique Les trois singes en laisse, pour une presse en sbire Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire J’danse pas quand ces gens-là claquent des doigts Je pense pas comme ces tâches Qui croient que pour que rien ne s’effondre Il suffit de s’en foutre Et ce cri de la vie, que personne n’écoute
Je danse pas pour les mass médias Pour les putes à clique et les politiques Qui s’échangent des gosses par millions de minois mijotés Asservis pour les putes à lobbies sur insta J’danse pas sur la peur, les coups bas Les muselières aux infirmières Les docteurs bannis des médias pour laisser Les antennes aux promos de la haine d’un faux candidat
Je danse pas pour ces mioches au pouvoir Pour ces urnes fourrées au désespoir Je danse pas pour ces sales gosses ripoux Qui cassent le vivant comme un vieux dont on se fout Je danse pas si on me prend pour une bonne Je danse pas quand on me prend pour une conne Je danserai toujours pour ma belle daronne Pour pas que sa nature ne nous abandonne
Tout le monde danse quand ces gens-là claquent des doigts Mais moi je danse pas Tout le monde danse quand ces gens-là claquent des doigts Mais moi je danse pas
Mais comme il suffit de ne pas s’en faire Et se faire notre mère, la Terre Comme il suffit de ne pas s’en faire Comme il suffit de ne pas s’en faire Ne pas s’en faire et se faire notre mère, la Terre Il suffit de ne pas s’en faire Il suffit de ne pas se faire chier
Mais comme il suffit de ne pas s’en faire Et se faire notre chère mer Comme il suffit de ne pas s’en faire Comme il suffit de ne pas s’en faire Ne pas s’en faire et se faire notre mère, la Terre Il suffit de danser binaire Il suffit de ne pas se faire chier
You can run on for a long time Run on for a long time Run on for a long time Sooner or later God’ll cut you down Sooner or later God’ll cut you down
Go tell that long tongue liar Go and tell that midnight rider Tell the rambler, The gambler, The back biter Tell ’em that God’s gonna cut ’em down Tell ’em that God’s gonna cut ’em down
Well my goodness gracious let me tell you the news My head’s been wet with the midnight dew I’ve been down on bended knee talkin’ to the man from Galilee He spoke to me in the voice so sweet I thought I heard the shuffle of the angel’s feet He called my name and my heart stood still When he said, « John go do My will! »
Go tell that long tongue liar Go and tell that midnight rider Tell the rambler, The gambler, The back biter Tell ’em that God’s gonna cut ’em down Tell ’em that God’s gonna cut ’em down
You can run on for a long time Run on for a long time Run on for a long time Sooner or later God’ll cut you down Sooner or later God’ll cut you down
Well you may throw your rock and hide your hand Workin’ in the dark against your fellow man But as sure as God made black and white What’s done in the dark will be brought to the light
You can run on for a long time Run on for a long time Run on for a long time Sooner or later God’ll cut you down Sooner or later God’ll cut you down Go tell that long tongue liar Go and tell that midnight rider Tell the rambler, The gambler, The back biter Tell ’em that God’s gonna cut you down Tell ’em that God’s gonna cut you down Tell ’em that God’s gonna cut you down
Ne cherchez pas à être sage à tout prix. La folie aussi est une sagesse. Et la sagesse, une folie. Fuyez les préceptes et les donneurs de leçons. Faites ce que vous voulez. Et ce que vous pouvez. Pleurez quand il le faut. Riez. J’ai beaucoup ri. J’ai ri du monde et des autres et de moi. Rien n’est très important. Tout est tragique. Tout ce que nous aimons mourra. Et je mourrai moi aussi. La vie est belle. ~ Jean d’Ormesson