Georges Brassens et Maxime Le Forestier – Les passantes

Les Passantes
Georges Brassens

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu’on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu’on connaît à peine
Qu’un destin différent entraîne
Et qu’on ne retrouve jamais
A celle qu’on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s’évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu’on en demeure épanoui
A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu’on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu’on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main
A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulu rester inconnue
Et qui n’est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal
A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d’un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D’un avenir désespérant
Chères images aperçues
Espérances d’un jour déçues
Vous serez dans l’oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu’on se souvienne
Des épisodes du chemin
Mais si l’on a manqué sa vie
On songe avec un peu d’envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu’on n’osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu’on n’a jamais revus
Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l’on n’a pas su retenir

Paroliers : Antoine Pol / Georges Charles Brassens / Joel Favreau

Puisque tu pars – Jean-Jacques Goldman

Puisque l’ombre gagne
Puisqu’il n’est pas de montagne
Au-delà des vents plus haute que les marches de l’oubli
Puisqu’il faut apprendre
A défaut de le comprendre
A rêver nos désirs et vivre des « ainsi-soit-il »
Et puisque tu penses
Comme une intime évidence
Que parfois même tout donner n’ait pas forcément suffit
Puisque c’est ailleurs
Qu’ira mieux battre ton cœur
Et puisque nous t’aimons trop pour te retenir
Puisque tu pars
Que les vents te mènent où d’autres âmes plus belles
Sauront t’aimer mieux que nous puisque
L’on ne peut t’aimer plus
Que la vie t’apprenne
Mais que tu restes le même
Si tu te trahissais nous t’aurions tout à fait perdu
Garde cette chance
Que nous t’envions en silence
Cette force de penser que le plus beau reste à venir
Et loin de nos villes
Comme octobre l’est d’avril
Sache qu’ici reste de toi comme une empreinte Indélébile
Sans drame, sans larme
Pauvres et dérisoires armes
Parce qu’il est des douleurs qui ne pleurent qu’à l’intérieur
Puisque ta maison
Aujourd’hui c’est l’horizon
Dans ton exil essaie d’apprendre à revenir
Mais pas trop tard Dans ton histoire
Garde en mémoire
Notre au revoir
Puisque tu pars
Dans ton histoire
Garde en mémoire
Notre au revoir
Puisque tu pars
J’aurais pu fermer, oublier toutes ces portes
Tout quitter sur un simple geste mais tu ne l’as pas fait
J’aurais pu donner tant d’amour et tant de force
Mais tout ce que je pouvais ça n’était pas encore assez
Pas assez, pas assez, pas assez
Dans ton histoire (dans ton histoire)
Garde en mémoire (garde en mémoire)
Notre au revoir (notre au revoir)
Puisque tu pars (puisque tu pars)…

Poèmes bleus – Georges Perros – 1962

Soleil qui vit, sais tu de quoi
Tu te souviendras lorsque inerte
Les vers futurs feront de toi
Cette barque à jamais déserte ?
De rien sinon de ce vent-là
De la rose qui s'y caresse
De l'âme indicible qui va
D'une chose à l'autre et la laisse.
Sans le ciel, sans l'arbre sans toi
L'oiseau l'oiseau l'infatigable
Vivre serait trop dure loi.
Soleil grand œil crevé d'un Dieu
Ton reflet chante dans le sable
Que mourir c'est partir un peu.

Camille Bertault Dan Tepfer – Je me suis fait tout petit

Je m’suis fait tout petit

Georges Brassens

Je n’avais jamais ôté mon chapeau
Devant personne
Maintenant je rampe et je fait le beau
Quand elle me sonne
J’étais chien méchant, elle me fait manger
Dans sa menotte
J’avais des dents d’loup, je les ai changées
Pour des quenottesJe m’suis fait tout petit devant une poupée
Qui ferme les yeux quand on la couche
Je m’suis fait tout petit devant une poupée
Qui fait Maman quand on la touche
J’était dur à cuire, elle m’a converti
La fine bouche
Et je suis tombé tout chaud, tout rôti
Contre sa bouche
Qui a des dents de lait quand elle sourit
Quand elle chante
Et des dents de loup quand elle est furie
Qu’elle est méchante
Je m’suis fait tout petit devant une poupée
Qui ferme les yeux quand on la couche
Je m’suis fait tout petit devant une poupée
Qui fait Maman quand on la touche
Je subis sa loi, je file tout doux
Sous son empire
Bien qu’elle soit jalouse au-delà de tout
Et même pire
Une jolie pervenche qui m’avait paru
Plus jolie qu’elle
Une jolie pervenche un jour en mourut
A coup d’ombrelle
Je m’suis fait tout petit devant une poupée
Qui ferme les yeux quand on la couche
Je m’suis fait tout petit devant une poupée
Qui fait Maman quand on la touche
Tous les somnambules, tous les mages m’ont
Dit sans malice
Qu’en ses bras en croix, je subirais mon
Dernier supplice
Il en est de pires, il en est d’meilleures
Mais à tout prendre
Qu’on se pende ici, qu’on se pende ailleurs
S’il faut se pendre
Je m’suis fait tout petit devant une poupée
Qui ferme les yeux quand on la couche
Je m’suis fait tout petit devant une poupée
Qui fait Maman quand on la touche

Paroliers : Georges Charles Brassens

Calypso Rose – «Rivers of Babylon»

By the rivers of Babylon, there we sat down
Ye-eah we wept, when we remembered Zion.
By the rivers of Babylon, there we sat down
Ye-eah we wept, when we remembered Zion.
When the wicked
Carried us away in captivity
Required from us a song
Now how shall we sing the lord’s song in a strange land
When the wicked
Carried us away in captivity
Requiering of us a song
Now how shall we sing the lord’s song in a strange land
Let the words of our mouth and the meditations of our heart
Be acceptable in thy sight here tonight
Let the words of our mouth and the meditation of our hearts
Be acceptable in thy sight here tonight
By the rivers of Babylon, there we sat down
Ye-eah we wept, when we remembered Zion.
By the rivers of Babylon, there we sat down
Ye-eah we wept, when we remembered Zion.
By the rivers of Babylon (dark tears of Babylon)
There we sat down (You got to sing a song)
Ye-eah we wept, (Sing a song of love)
When we remember Zion. (Yeah yeah yeah yeah yeah)
By the rivers of Babylon (Rough bits of Babylon)
There we sat down (You hear the people cry)
Ye-eah we wept, (They need that???)
When we remember Zion. (Ooh, have the power)

Songwriters: Brent Dowe, Frank Farian, George Reyam, Trevor McNaughton

Sous la crête

Face à la crête enneigée, face aux ravins, aux falaises blanches
Je vois à présent tes yeux, ou leur évocation, ou bien peut être
La courbe de tes lèvres, ou la douceur de ton cou, enfin
Je vois que tu es là
Bienveillance.