Ivan Bounine – Sur un rocher sous le ciel…

Sur un rocher sous le ciel, où les tourmentes
Sifflent dans l’azur éblouissant
Est le gîte solitaire et fétide d’un aigle.
Je bois comme une eau glacée
La tourmente des cimes, la liberté,
L’éternité qui vole en ce lieu.
Ivan Bounine (Voronej, Russie, 1870 – Paris , 1953) – Mon cœur pris par la tombe (Orphée, La Différence, 1992) – Traduit du russe par Madeleine de Villaine
Merci à Beauty will save the world

André Laude – Sommes-nous vivants ?

André Laude – Sommes-nous vivants ?
Sommes-nous vivants
Sommes-nous faits de fer et sang
Sommes- nous fait d’eau et vents
Sommes-nous clones du néant
où est le feu de nos membres
Mes doigts de nicotine bougent encore
Ma rage intacte brise les serrures
Une longue maladie dévore mon corps
Mon âme est un moine en robe de bure
Sommes-nous vivants.
J’entends le doux rire de l’ami Cioran
rue de l’Odéon crépuscule de nombre
La chute dans le temps
et la tonique écriture.
André Laude (Paris, 1936-1995) – Poème inédit

Jean-Michel Caradec – A Kernoa / Les oiseaux volaient à l’envers

Les Oiseaux Volaient à L’envers

Jean Michel Caradec

Le ciel était couleur de sang
Et, se levant à l’horizon,
Le soleil semblait être blanc
Je ne sais plus bien la saison
Pourtant, je m’en souviens très bien
Tout comme si c’était hier
Je les ai vus venir de loin
Les oiseaux volaient à l’envers

Je devais t’emmener au bal
Ton père n’avait pas voulu
Je n’étais pas son idéal
Je n’étais pas le bienvenu
J’étais revenu par les bois
Le ciel était déchiré d’orages
Et je les ai vus devant moi
Les oiseaux volaient à l’envers

Depuis, les choses ont changé
La mémoire se joue de nous
Pourtant, je ne n’ai rien oublié
De cette nuit, des oiseaux fous
Je revois souvent ce jour-là
Tout comme si c’était hier
Ils me tourmentent, ils sont là
Les oiseaux volaient à l’envers

Le ciel devient couleur de sang
Je vois devant moi l’horizon
Le soleil me semble être blanc
J’oublie le jour et la saison
Mes yeux sont brouillés par la pluie
Et mes mains tremblent de colère
Le jour, soudain, devient la nuit
Les oiseaux volaient à l’envers

Nìkos Karoùzos – Bref

Je chante les ancêtres déchus
des étoiles je suis le chien
mes yeux regardent vers le haut
mes mains célèbrent la boue.
Σύντομον
Τραγουδώ τους πεσμένους προπάτορες
Είμαι των άστρων ο σκύλος
με τα μάτια κοιτάζω ψηλά
με τα χέρια γιορτάζω τη λάσπη.

Cyril Mokaiesh et Giovanni Mirabassi – Parler aux Anges

Parler aux anges
Pierre Vassiliu
Ne soyez pas si cruels avec les anges
N’attendez pas qu’ils appellent
Ça les dérange
Une main sur les épaules
Vous sentez bien qu’ils vous frôlent
Mais vous n’osez c’est étrange
Parler aux anges
Une main sur les épaules
Vous sentez bien qu’ils vous frôlent
Mais vous n’osez c’est étrange
Parler aux anges
Et toi tu sembles bien lasse
De mes discours
Mais si une autre main t’enlace
Mon amour
Je la roulerai dans la fange
Et j’attendrai que mon ange
S’il se trouve sur mon parcours
Accours
Je la roulerai dans la fange
Et j’attendrai que mon ange
S’il se trouve sur mon parcours
Accours
J’ai du jouer mon âme au diable
Pour toujours
Parfois mon autre m’accable
Et je savoure
De le jeter de ma table
Mais aussitôt il revient
Et il pose alors sa main
Aimable
De le jeter de ma table
Mais aussitôt il revient
Et il pose alors sa main
Aimable
Mais quoi faire ou ne pas faire
Pour vivre libre
Je n’ai pas voulu prier
Pour qu’on me délivre
Mais quand on nous a tout pris
Liberté n’a pas de prix
Z’ont bon dos les rimes en ange
Mais je me venge
Mais quand on nous a tout pris
Liberté n’a pas de prix
Z’ont bon dos les rimes en ange
On s’en arrange
Paroliers : Pierre Vassiliu