Avoir des mots pour ne pas dire Des mains pour les reposer Avoir la force de chanter Quand tout nous porte à maudire Avoir la force de chanter N’avoir pas de mots pour maudire Avoir la force de sourire Mourir et vivre sans maudire
Paul Gadenne (1907-1956) – La petite ourse, Carnets Paul Gadenne, La Rue profonde n°3, septembre 1985.
Il y’a ceux dont on sait les histoires Ceux qui transmettent ou ceux qui taisent
There’re ones we loved and those we’ll never know I wonder what they’ve been through Their dream came true
D’une voix je garde le souvenir Deep inside I feel the memory
Alors je tends les mains Et j’adresse ces mots À tous ceux qui m’ont faite, que je porte sous ma peau Que nos voix les réveillent et que nos coeurs les reflètent Puisqu’ils nous guident et nous guettent De là haut, de là haut
Il y’a ceux dont on sait les batailles Marcher dans leurs pas, leurs noms et leurs failles Porter bien plus que ce qu’on laisse paraître De la richesse, de nos dires ou de gestes
Let us know what you’ve seen Hold us when we need you We’ll cherish today Yeah we owe it to you
Dans mon coeur, je garde le souvenir Deep inside I feel the memory
Alors je tends les mains Et j’adresse ces mots À tous ceux qui m’ont faite, que je porte sous ma peau Que nos voix les réveillent et que nos coeurs les reflètent Puisqu’ils nous guident et nous guettent De là haut
Alors je tends les mains Oui j’accueille ce cadeau D’être là d’être le porteur de votre écho Que nos voix vous réveillent et que nos coeurs vous reflètent Vous qui nous guident et nous guettent De là haut, de là haut
Même quand je sais peu de vous Je vous sens là en moi I don’t know much about you But I know that it’s true Que nos voix les réveillent et que nos coeurs les reflètent Puisqu’ils nous guident et nous guettent De là haut, de là haut De là haut, de là haut De là haut, de là haut
Quelque temps passé La nuit claire Un nouveau soleil s’est levé Le lendemain Un vieillard à genoux tendait les mains Les animaux couraient tout le long du chemin
Je me suis assis J’ai rêvé Une fenêtre s’ouvre sur ma tête Il n’y a personne dedans Un homme passe derrière la haie
La campagne où chante un seul oiseau Quelqu’un a peur Et l’on s’amuse Là-bas entre deux petits enfants La joie Toi contre moi La pluie efface les larmes On ne peut pas marcher dans le sentier étroit On rentre du même côté Mais il y a une barrière Quelque chose vient de tomber Là-bas derrière
Une ombre plus grande que lui-même fait le tour de la terre Et moi je suis resté assis sans oser regarder
Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ; Mon paletot soudain devenait idéal ; J’allais sous le ciel, Muse, et j’étais ton féal ; Oh ! là là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !
Mon unique culotte avait un large trou. Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse. Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes, Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques, Comme des lyres, je tirais les élastiques De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !
Rimbaud, Arthur, « Ma bohème », Œuvres, Paris, Garnier, 1960.
Le soleil s’essaime en diamants de gouttes d’eau sur l’herbe souple
Je reste docile à l’inclination de l’univers serein
Les montagnes se dilatent en gorgées d’ombre lilas et vaguent avec le ciel
Là-haut à la voûte légère l’enchantement s’est brisé
Et je tombe en moi
Et je m’enténèbre dans mon coin
Versa, 27 avril 1916
Giuseppe Ungaretti (1888-1970) – Sentimento del tempo (1933) – Vie d’un homme. Poésie, 1914-1970 (Poésie/Gallimard, 1981) – Traduit de l’italien par Jean Lescure.